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Le chapitre des chanoines de Saint-Pierre

Un chapitre de chanoines est une réunion de prêtres instituée par l’Eglise pour célébrer en commun, les louanges du Seigneur. Afin qu’ils puissent exercer leur mission en toute sérénité, il leur faut disposer de revenus financiers et d’une certaine indépendance sur les plans spirituel et matériel.

Grand sceau du chapitre au XV° siècle

Les comtes de Flandre, aux 11ème et 12ème siècles, avaient accordé au chapitre de Saint-Pierre les revenus de nombreux fiefs et il était décimateur dans de nombreuses paroisses de Flandre et d’Artois. De plus, les chanoines avaient droit de justice et s’administraient de façon indépendante de la ville dans laquelle ils étaient installés.

« Sunt in urbe sed non de universitate » (Ils sont dans la ville mais ne font pas partie de communauté) affirment les chanoines en 1750 comme en 1469. Ils jouaient même un rôle politique, puisqu’ils eurent voix délibérative aux Etats d’Artois lorsqu’ils furent institués.

Au plan spirituel, le chapitre relève de l’évêque de Thérouanne, puis après 1559 de l’évêque de Saint-Omer, mais il avait son propre bréviaire. Les chanoines étaient au nombre de 34, bien que ce chiffre fût réduit à 28 à la fin du XVIII° siècle, du fait de la baisse des revenus du chapitre. Ils n’étaient pas moines et n’habitaient pas en communauté, chacun avait sa propre résidence.

A la tête du chapitre était placé le prévôt, un personnage considérable. Au Moyen-Age, à l’époque des Papes d’Avignon, c’était un cardinal ou un archevêque qui ne venait jamais à Aire. Plus tard, depuis le règne de Charles-Quint, le prévôt était à la nomination de l’Empereur, puis du roi d’Espagne, enfin du roi de France. Le chapitre a su éviter d’avoir pour prévôts des prélats non résidents, bien qu’ils fussent tous de grands seigneurs. Les deux derniers prévôts, Nicolas de Monchy et Jean de Chastenet de Puysegur appartenaient à des familles d’illustre noblesse.

Le doyen du chapitre était élu par les chanoines. Comme eux, il était généralement originaire de la ville ou de la région. Le dernier doyen fut Pierre Ignace Lochtenberg dont la famille était « seigneur de Rincq ».

Grand sceau du chapitre de la collégiale

Les malheurs des guerres firent que les chanoines durent pendant des siècles employer toutes leurs ressources aux reconstructions successives de leur église et des églises qui étaient à leur charge. Une chapelle était réservée dans la collégiale à la paroisse de Saint-Pierre. Le curé était nommé par les chanoines et relevait d’eux.

La collégiale occupait jusqu’à la révolution le centre d’un quartier ecclésiastique avec son cimetière, son cloître formé des maisons capitulaires, à l’abri des murailles de la ville. Un monde à part de silence, de calme et de prière. Il n’en reste aujourd’hui que quelques maisons autour de la Place Saint-Pierre.

Le chapitre de Saint-Pierre fut, comme tous les autres chapitres du Royaume, supprimé en 1790 et ses biens furent vendus au profit de la Nation.