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La reconstruction

Aire devenue provisoirement hollandaise, les chanoines entreprirent des démarches à La Haye auprès des États-Généraux et auprès du Prince Eugène de Savoie pour obtenir des subsides, mais sans résultats. Le traité d’Utrecht, signé le 11 avril 1713, rétrocédait Aire à la couronne de France. Le prévôt Nicolas de Monchy se rendit à Versailles pour obtenir des fonds. Il lui fallait 400.000 livres, il n’obtint que des promesses.

Les chanoines commencèrent néanmoins en 1726 les travaux de restauration du chœur de l’église, ayant obtenu des lettres mendicatoires de l’évêque de Saint-Omer. En 1733, le chœur est entièrement rétabli. Les voûtes méridionales portent la date de 1738, achèvement de la grande nef. Dans l’intervalle, les chanoines avaient réussi à intéresser à leur cause le premier Ministre du roi Louis XV, le Cardinal de Fleury. Ils obtinrent de lui 4 rentes viagères d’un total de 9 500 livres par an, ce qui représenta sur une quarantaine d’année près de 250 000 livres.

C’est le chanoine Fayolle qui assura la direction des travaux. En 1747, on travaillait encore aux dernières grilles du chœur, mais tout était terminé, puisque l’on fit alors venir des ouvriers de Mons « afin de badigeonner en blanc piliers et murs à l’exemple de Saint-Martin de Tournai » ; c’était donc une mode bien établie !

Par reconnaissance à l’égard du roi de France, le chapitre fit poser en 1733, dans la partie supérieure de l’abside au-dessus du maître-autel, un riche trophée en bois doré et aux armes de France. Les armoiries du Cardinal de Fleury furent placées sur la grille de l’entrée principale du chœur.

L’aménagement intérieur se poursuivit pendant tout le XVIII° siècle. Le maître-autel ne fut terminé qu’en 1786. Une colonne en marbre qui supportait le Christ du grand-autel contenait une lame de plomb avec l’indication: « Capitulum hoc altare extruvit – anno 1786 » (Le chapitre a fait édifier cet autel en 1786). Cette colonne de marbre été vendue en 1888.

Le chœur fut aussi ouvert « de manière que le chœur, la croisée et la chapelle de paroisse ne faisaient qu’une seule et même église ». Avant la réédification, la chapelle de paroisse était enfermée de murailles et totalement séparée de l’endroit ou le chapitre faisait l’office. On peut supposer que la grande nef servait à la paroisse en plus de la chapelle paroissiale. Une simple grille séparait dorénavant le chœur réservé aux chanoines de la nef.

Le réchaud ou tourillon, petit clocher qui abritait les quelques cloches utilisées pour appeler les chanoines à l’office et qui se dressait à la croisée du transept, fut refait en 1788. On peut le voir très distinctement sur le plan-relief. Quant à la tour, les travaux de réédifications se poursuivirent jusqu’en 1760. Les sculptures furent réalisées par Jean Ignace Humetz.

Les anciens plans de la collégiales ont disparu après 1791. Le chapitre a toujours manifesté sa volonté de tout reconstruire à l’identique. On ne s’explique pas dans ses conditions les différences entre le dessin de Vandermeulen qui date des années 1680 et le plan-relief établi entre 1689 et 1743. Lorsque le plan-relief a été terminé, la tour a-t’elle perdu ses clochetons flamboyants et toute l’exubérance de la décoration que l’on voit sur le dessin de Vandermeulen ? Le plan-relief ne s’est pas non plus inspiré des projets qui allaient être réalisés et que nous voyons maintenant. Pour la reconstruction des toits des chapelles du chœur après 1960, on s’est inspiré du plan-relief, mais on peut se demander si le plan-relief donne bien une image fidèle de l’état de l’édifice avant 1711.