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La tourmente révolutionnaire

L’Assemblée Nationale constituante avait décidé la vente de tous les biens ecclésiastiques au profit de la Nation et la suppression des chapitres, que l’abolition des droits féodaux et de la dîme avait déjà privés de leurs revenus. Le 1er juin 1790, le chapitre tient sa dernière réunion et après avoir envoyé à l’assemblée une émouvante protestation, disparaît. Toutes les maisons et tous les biens du chapitre sont, à partir de septembre 1791, vendus aux enchères publiques.

L’église devient le siège de la paroisse d’AIRE. Un curé constitutionnel, Joseph COURTOIS, est installé le 6 juin 1791.Conformément à une tradition ancienne, l’église est utilisée pour la tenue des réunions électorales. C’est à Saint-Pierre que sont élus, en juillet 1790, les membres de l’administration du Pas-de-Calais et en juillet 1791 les députés du Pas-de-Calais à l’Assemblée Législative. Pendant son bref passage, COURTOIS a cependant acquis l’orgue de l’abbaye de CLAIRMARAIS et l’a fait installer à Saint-Pierre.

En novembre 1793, le curé COURTOIS se démet de ses fonctions. Sain-pierre devient alors le « Temple de l’Etre Suprême », ce qui lui vaut de n’être ni vendu, ni démoli. On peint sur le portail d’entrée la formule: « Le peuple français reconnaît l’Etre Suprême et croit en l’immortalité de l’âme », à l’époque où Ronespierre veut remplacer Dieu par l’Etre Suprême.

Si la période révolutionnaire n’a pas causé de dommages à l’édifice proprement dit, une grande partie du mobilier a disparu.

Les 4 statues de la face Ouest de la tour ont été martelées par des iconoclastes équilibristes. Pour faire ce travail, ils ont dû se faire suspendre par des cordes à partir des fenêtres du dernier étage de la tour. L’identification de ces 4 statues est difficile. On peut avancer pour 3 d’entre elles les noms de Saint Pierre, Saint Jacques le majeur et Saint André. Le dernier est impossible à identifier.

Lorsque l’église a été ré-ouverte au culte le 29 juin 1802, jour de la fête de Saint Pierre, il n’y avait plus de dallage ni de stalles, chaises, boiseries, etc… Seuls subsistaient le maître-autel, la chaire, l’orgue et le trophée de Louis XV amputé de ses fleurs de lys et une seule cloche, les autres ayant été envoyées à la fonte pour fabriquer de la monnaie. Le réchaud avait été aussi envoyé à la fonte.

La statue de Notre-dame Panetière avait été cachée. Elle fut ramenée en procession solennelle le 8 septembre 1802.

Le curé concordataire, Louis ASSELIN, ne put que parer à l’essentiel et remettre tant mal que bien son église en état, après 9 ans d’abandon, « avec un mobilier hétéroclite et de mauvais goût ».