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L’église du XVIème siècle

La première mention d’une nouvelle église se trouve dans une sentence judiciaire capitulaire prononcée le 19 décembre 1492. Les travaux de construction étaient alors commencés. A partir de 1503, tous les testaments des chanoines comportent une clause en faveur des nouveaux ouvrages de l’église. Une bulle du Pape Clément VII nous apprend que depuis quelques années le chœur de Saint-Pierre avait été à nouveau réédifié « somptueusement et à grands frais ».

On sait qu’en 1506, le maître-maçon Jehan de BRIMEU dirigeait les travaux de construction de l’église. Le chœur était terminé en 1531. Les transepts, la grande nef, les nefs secondaires et les chapelles latérales furent ensuite mises en chantier. On sait que la tempête qui sévit le 23 janvier 1576 causa de grands dommages aux travaux en cours. De 1594 à 1604, les voûtes en ogive sont décorées de pendants en forme de fleur et colorées. On installe les portraits sculptés de saint Clément et des archiducs Albert et Isabelle. Les voussures du milieu de la croisée s’ornent d’une représentation du jugement dernier garnie à ses 4 coins d’anges sonnant de la trompette.

Les fondements de la tour furent posés en 1569. Cette date est encore visible aujourd’hui (bien que mutilée) sur le pilier de droite de la face occidentale. Les travaux de la tour furent menés très lentement. En 1622, on n’avait pu atteindre que la hauteur des voûtes de la nef. Devant le mécontentement de la population, le chapitre fit accélérer les travaux, sans même recourir à des hommes de l’art. Le résultat fut que le 15 août 1624, la tour s’écroula sur plus de la moitié de sa hauteur, entraînant dans sa chute une partie de la grande nef et des chapelles adjacentes.

Il fallut 10 années pour réparer les dégâts de cette catastrophe et il en coûta plus de 40 000 florins.

Enfin, en 1634, on put voir la collégiale dans toute sa splendeur. « Ea amplitudinae et pulcherrimi operis structura paucis in Belgio seconda » (De celle-ci peu d’églises en Belgique s’approchent par la dimension et la très grande beauté des arrangements de l’ouvrage) écrivait l’évêque de SAINT-OMER à l’évêque de BRUGES.

Le 19 mai 1641, l’armée du roi de France Louis XIII mettait le siège devant AIRE et l’artillerie royale jusqu’à la reddition de la garnison espagnole le 26 juillet ; elle battit les murailles et les édifices de la ville. Les dégâts causés à l’église Saint-Pierre furent importants. Les chapelles des carolles, autour du chœur à partir du transept méridional qui fut lui-même gravement atteint jusqu’à et y compris la chapelle du prévôt. Le chœur lui-même ne fut pas épargné : on y trouva 11 boulets après le siège !

Des quêtes ordonnées par l’évêque de SAINT-OMER dans tous les Pays-bas permirent de procéder aux restaurations nécessaires, AIRE en effet avait été repris aux Français par les espagnols le 7 décembre 1641.

Les troupes du roi de France sont à nouveau devant AIRE le 26 juillet 1676. Cette fois-ci, le siège ne dura que 5 jours et la ville dut se rendre le 31 juillet 1676 après un terrible bombardement qui détruisit la plupart des maisons du cloître du chapitre, mais ne toucha que la partie Ouest du côté Nord de l’église, c’est-à-dire la chapelle Saint-Pierre et la salle capitulaire qui était à côté.

Le roi Louis XIV accorda aux chanoines, dépourvus de toute ressource, une indemnité de 4 000 florins pour qu’ils puissent reconstruire leur salle capitulaire, ce qu’ils ne firent qu’après 1681. C’est à cette époque que VANDERMEULEN, sur ordre du roi, fit le dessin de la collégiale qui nous en restitue l’image extérieure.

En 1701, les chanoines firent « blanchir tout l’intérieur de la collégiale par application de 2 couches de badigeon, laver et nettoyer les peintures et dorures du choeur, vernir les statues et donner une couleur à tous les bas de piliers et des arcades de grès ». Un chronogramme ‘CanDor MICat » (Elle brille d’une blancheur éclatante) rapelle la date de cet évènement: MDCCI.

visite2En 1710, c’est l’armée royale qui doit subir un siège mené par le Prince Eugène, le Prince d’Anhalt-Dassau et le Duc de Malborough. Le siège dura du 2 septembre au 9 novembre. Le 30 septembre, une bombe enlevait un des piliers du chœur. Au jour de la capitulation de la garnison française, toutes les voûtes du chœur et de la grande nef étaient effondrées et détruites jusqu’à la hauteur du triforium. Un boulet resté fiché dans la muraille du transept méridional constitue un souvenir de ce siège. La tour, très ébranlée, s’écroula dans la nuit du 20 au 21 février 1711. Le chapitre du racheter les cloches dont les commissaires de l’artillerie des Hauts-Alliés s’étaient emparé.