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L’œuvre de Mgr Scott

La devise de Mgr SCOTT était : « Dilexi decorem domus tuae » (j’ai aimé la splendeur de ta maison). Toute l’énergie et toute la fortune de Mgr SCOTT, furent employées à mettre cette devise en application.

Entre 1832 et 1868, Mgr SCOTT, va entièrement réaménager l’intérieur de l’église Saint-Pierre. En voici le calendrier succinct:

  • 1833 : aménagement en salles de catéchisme des 2 chapelles du fond de la nef.
  • 1841 : nettoyage des piliers et des murs par enlèvement du badigeon de 1747.
  • 1842 : installation d’un jubé.
  • 1843 : installation de la grille du chœur (aujourd’hui disparue).
  • 1844 : dallage de la grande nef et des nefs latérales (On a figuré en marbres de diverses couleurs les arêtes de voûte des nefs latérales).
  • 1845 : installation de la chaire et du banc d’œuvre.
  • 1851 : installation dans le transept du Chemin de Croix.
  • 1856 à 1858 : établissement des boiseries et clôtures à claire-voie des chapelles.
  • 1861 : peinture des piliers du chœur.
  • Dans les années suivantes, peinture complète des voûtes, piliers et murs de toute l’église, réfection des chapelles, pose de vitraux de couleur.

L’ancienne chaire a été vendue à l’église de Steenbecque, où on peut l’admirer. Saint-Pierre a assurément perdu au change, car elle est très belle.

Les résultats furent jugés très satisfaisants par les contemporains. « le mobilier de style troubadour est représentatif d’une évolution qu’il convient de ne pas mépriser », estime Mr WALDSHMIDT, architecte en chef des Monuments Historiques. On peut lire dans le guide cicérone pour visiter l’église Saint-Pierre à AIRE (1866) :

« Les colonnes se détachent en granit sombre de chaque côté et s’élancent jusqu’aux arcs-doubleaux de la voûte. Ces arcs-doubleaux s’appuient sur elles et marque la voûte dont le ciel bleu fuit dans l’espace. Autour des fenêtres, la peinture est jaune claire. Les galeries limitées par des cordons bruns sur lesquels se dessine une longue chaîne de figures symboliques et de chimères sont en jaune brun orné.
La teinte sous les galeries est fond vert. Les piliers en granit gris coupé aux angles rentrants par une ligne rose tendre portant des chapiteaux rouge vif enrichis de fortes dorures. La base est mêlée de brun sombre et vert foncé. »

Ces travaux furent réalisés sous l’autorité du chanoine VAN DRIVAL et de l’architecte de la ville d’AIRE, MAGNARD. Le sculpteur et architecte parisien BOILEAU, connu par sa théorie sur la cathédrale synthétique et l’Airois TAVERNIER ont réalisé toutes les boiseries. On doit à MOREY, architecte en chef des Monuments historiques, les plans de l’église, établis en 1845, et qui furent précieux un siècle plus tard.

C’est ainsi réhabilitée de l’intérieur et fort admirée à l’époque que l’église d’AIRE connut un petit siècle de paix, ce qui ne lui avait jamais été accordé.

Pendant la guerre de 1914 – 1918, l’église n’eut pas à souffrir. Le maire d’alors, Abel DELBENDE, s’était opposé à ce que l’armée anglaise utilisât la tour comme observatoire et base d’opérations. En mai 1940, malgré la bataille, de chars qui se déroula sur la place Saint-pierre, l’église n’eut à souffrir d’aucun dégât.