N.D. Panetière

A Aire sur La Lys, on célébre la Vierge Marie sous le vocabe de « Notre Dame Panetière ». Et cela depuis le début du 13èeme siécle.

 

L’histoire

Au Moyen-Age, la ville d’Aire, située aux confins de Flandre et d’Artois, ville frontière, était source de conflits. Guerres et épidémies y avaient amené bien des misères. Une confrérie charitable y avait été établie sous le vocable de Notre-Dame de l’Assomption. La mission des confrères étant de donner du pain aux pauvres, on les appelait les « Panetiers ».

En 1213, le 1er Août, Aire, revenue à la France, grâce au roi Philippe Auguste, fut assiégée à l’improviste par les troupes flamandes du comte Ferrand. Quelques jours plus tard, les habitants, pressés par la famine invoquèrent la Vierge Marie. Les soldats tentèrent une sortie ; repoussant les assiégeants, ils réussirent à faire entrer à Aire un convoi de vivres envoyé par le Roi de France. Par reconnaissance, les Airois donnèrent à Marie le titre de « Notre-Dame Panetière ».

 

Au fil des guerres

La vénérable statue qui domine maintenant le chœur de l’église Collégiale Saint Pierre, date de 1510. Elle connut bien de vicissitudes. Ainsi, à la Révolution, elle fut vendue comme bois à brûler, et fut sauvée par un garçon boulanger qui la cacha dans un four à pain inutilisé.
Peu avant la fin de la dernière guerre, le 8 août 1944, deux mois après le débarquement allié en Normandie, un bombardement aérien sur la ville d’Aire fit quelques victimes et beaucoup de dégâts. Le chevet de la Collégiale fut atteint. Cinq chapelles derrière le chœur furent détruites et la statue de Notre-Dame fut mise en pièces. On en recueillit pieusement les morceaux pour la reconstituer.

Pendant 10 ans, la collégiale fut interdite au culte, et les offices furent célébrés en la Chapelle Saint Jacques, au cœur de la ville. Trois ans plus tard, la statue parfaitement reconstituée y fut accueillie.
Tout au long de ces années, les chrétiens de Aire et environs avaient coutume de fabriquer des bouquets de blé. Ils étaient confectionnés pour représenter les différentes reliques de la Sainte. Ils témoignaient de la foi profonde du peuple envers Notre-Dame, gardienne de la cité